Voix de la presse arabe : Le Moyen-Orient dans 30 ans | Le Poste de Jérusalem

Jerusalem Post - 08/03
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Le Moyen-Orient dans 30 ans

Asharq Al-Awsat, Londres, 27 février

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La région se trouve aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle phase, alors que les puissances établies et efficaces s’efforcent de consolider leurs positions, que les puissances émergentes testent leur capacité à s’élever et que d’autres se laissent aller à l’illusion qu’un moment d’avantage éphémère a ouvert la voie à une hégémonie durable. La question centrale est donc la suivante : à quoi ressemblera le Moyen-Orient dans 30 ans ?

Au fond, il ne s’agit pas de savoir qui commande la rhétorique la plus bruyante, ni qui parie sur des acteurs externes pour opérer le changement en leur nom. Il s’agit de savoir qui possède un projet viable et durable pour l’avenir. Il y a des années, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a suggéré que le Moyen-Orient pourrait devenir la « nouvelle Europe ». Sa remarque était moins une comparaison géographique ou civilisationnelle qu’une référence à une trajectoire politique – un passage de la logique du conflit perpétuel à la logique de l’intégration économique.

L’Europe offre un exemple vivant : après des décennies de guerres dévastatrices qui ont épuisé ses nations, elle a conclu qu’il n’y avait d’autre alternative que le développement. Et le développement ne peut être assuré que par un partenariat efficace fondé sur la stabilité. Les pays européens ont donc choisi de construire un marché commun et d’établir une paix à long terme ancrée dans des intérêts communs plutôt que dans de fragiles équilibres de dissuasion.

Malgré la clarté et la profondeur du modèle européen – un modèle qui pourrait bien façonner notre propre région dans trois décennies – certains États interprètent le moment actuel différemment. Ils voient dans les transformations mondiales en cours et dans la préoccupation des grandes puissances face à d’autres crises internationales urgentes, une opportunité historique de jouer un rôle de leadership. Pourtant, le leadership régional n’est pas un vide à remplir de slogans ; c’est une responsabilité bâtie sur des fondations solides, au premier rang desquelles une économie productive, des institutions stables, une légitimité interne et une acceptation à la fois régionale et internationale.

Sans ces piliers, l’ambition devient un handicap et la poursuite de la domination commence à ressembler à un pari coûteux.

Le plus troublant est le fait que certaines ambitions se limitent à servir d’« agent » d’une plus grande puissance régionale ou mondiale, s’appuyant sur son parapluie politique ou militaire pour renforcer sa position. Une telle ascension est intrinsèquement fragile, liée à une volonté extérieure. Il avance lorsque ce client avance et recule lorsque les calculs stratégiques changent.

Le chef du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem, prononce un discours depuis un lieu inconnu, le 27 janvier. (Crédit : image vidéo ; Al Manar TV/Reuters TV)

Dans trente ans, seuls les États ayant acquis une capacité de prise de décision indépendante perdureront en tant qu’acteurs conséquents ; ceux qui se contentent de servir d’intermédiaires ou d’instruments dans les conflits des autres ne le feront pas.

Considérez Israël aujourd’hui. Il s’agit indéniablement d’une formidable puissance militaire et technologique, avec une influence mondiale en matière d’innovation, mais elle est néanmoins confrontée à une profonde question sur la nature de son projet politique. Lorsque Thomas Friedman critiquait la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu dans le New York Times, il lançait un avertissement : la recherche incessante de faits permanents sur le terrain sans horizon politique crédible risque de transformer la supérior...
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